« Meilleure ville, meilleure vie » Exposition universelle de Shanghai 2010

Apparues en pleine révolution industrielle, les Expositions universelles présentaient les innovations et productions industrielles des nations dans un cadre où la compétition battait son plein. Aujourd’hui, la Chine les remet au goût du jour avec son Exposition « Meilleure ville, meilleure vie » du 1er mai au 31 octobre 2010 à Shanghai. Partout, on commente la transformation éclair et radicale de la ville en vue de cet événement et on soupçonne ce pays de chercher à montrer sa puissance grandissante et qui semble parfois menaçante.

Pourtant, en parcourant le « Guide de contenu thématique » de l’Expo – aboutissement de la réflexion des organisateurs autour du contenu qu’ils ont souhaité pour cette grande manifestation – on découvre un autre visage de la Chine, au-delà de la simple compétition économique et technologique.

Le thème urbain, qui a été choisi avec soin par les décideurs chinois, soulève des enjeux majeurs communs à toutes les nations « quel que soit le niveau de développement, quelle que soit l’idéologie », explique Mr Xu Bo, directeur du département des participants internationaux pour l’Exposition Universelle. Un « espace des meilleures pratiques urbaines » est destiné à la présentation d’idées innovantes par les villes et régions du monde entier et des événements thématiques et forums sont organisés autour d’enjeux majeurs du défi urbain.

Au cœur de la réflexion, non pas seulement les calculs financiers stratégiques mais également les besoins et droits fondamentaux de l’homme, le respect de la diversité, l’égalité des chances, le cercle vertueux des ressources, la réduction des « traces écologiques » de la ville, le développement durable, le rôle de la société civile et des organisations internationales, la transmission de nos patrimoines aux villes de demain etc.

« Ainsi, une meilleure ville et une meilleure vie dépendent de notre capacité à créer une coexistence harmonieuse et une interaction saine entre […] l’homme, la ville et la Terre » est-il écrit dans le « message-clé » de l’Expo.

On comprend que l’ambition chinoise n’est pas uniquement un souhait de démonstration de puissance. Ce pays a voulu offrir un cadre de réflexion entre les nations et de mise en commun des avancées. Les organisateurs souhaitent que l’Exposition réponde à des questions concrètes universelles : Quel type de ville rend la vie meilleure ? Quel type de vie rend la ville meilleure ? Quel type de développement urbain rend notre planète meilleure ?

Pour ne pas en rester à une démonstration ponctuelle spectaculaire d’innovations techniques fabuleuses, de concepts écologiques révolutionnaires et de solutions aux problèmes socio-urbains, la Chine a prévu d’organiser un sommet international à la fin de l’exposition pour y faire adopter une « Déclaration de Shanghai » endossée par l’ONU sur le concept de la ville idéale. L’ambition est de marquer les esprits, se poser comme une nation qui contribue aux avancées et à la définition des idéaux de demain.

Chaque pays connaît ainsi des phases de questionnement sur l’urbanisme en lien avec ses enjeux. Ainsi en France une partie du travail effectué lors du Grenelle de l’Environnement concernait les aménagements urbains, nous avons aussi la question récurrente des logements sociaux, et de l’amélioration du cadre de vie ou encore des initiatives comme les Velib’ à Paris. Avec l’Exposition universelle, le défi urbain est porté à une échelle mondiale. Les Chinois lancent l’idée que la question peut se traiter au-delà des cercles nationaux, et offrent la possibilité d’échanger les bonnes idées.

Plus qu’un pays en pleine expansion économique, la Chine se veut donc un partenaire de réflexion sur les grands enjeux d’aujourd’hui et de demain. Cette Exposition est une occasion pour elle de se montrer sous un autre jour. Elle met la compétition au service d’un mode de vie meilleur, plus équilibré, soucieux d’inclure socialement toutes les populations et de garder à l’esprit ce qu’on lègue aux générations à venir. Elle offre un espace de collaboration aux décideurs internationaux pour travailler au vivre ensemble à une autre échelle qu’au plan individuel et personnel que nous connaissons dans les cercles d’I&C.

Rendez-vous donc en Novembre pour le bilan de cet événement.

 

N.B : Des individus de toutes cultures, nationalités, religions et croyances sont impliqués et actifs avec Initiatives et Changement. Ce texte représente le point de vue de l’auteur, pas nécessairement de toute l’organisation Initiatives et Changement.