La conseillère aux Etats suisse Simonetta Sommaruga est intervenue samedi dans le cadre du 3ème Forum de Caux pour la sécurité humaine sur le thème des « conditions essentielles à la sécurité humaine » à Caux-sur-Montreux. A cette occasion, elle a appelé à la responsabilité personnelle de chacun et à la responsabilité dans les domaines de la politique et des sciences.
Simonetta Sommaruga
Simonetta Sommaruga a commencé son intervention en parlant de la crise financière et en condamnant les garanties que l’état accordées aux grandes banques : « ces garanties permettent aujourd’hui aux banques de prendre des risques encore plus grands, sans se soucier des conséquences. Chaque prise de risque a un coût. La question est de savoir qui doit en payer le prix. L’aide de l’état pour le sauvetage des banques a pour conséquences un manque de fonds pour la justice sociale. » Elle a ensuite encouragé la Suisse a s’engager dans la mise en place de directives pour les marchés financiers : « Je souhaite que la Suisse fasse partie des pays qui vont de l’avant. Nous avons les capacités et la conjoncture est idéale. »
La présidente de l’Association pour protection des consommateurs a toutefois souligné la responsabilité de ceux-ci : « en tant que clients des Banques, nous pouvons dire ce que nous voulons soutenir avec notre argent, et ce que nous ne voulons empêcher. Il est difficile d’obtenir des informations des banques, mais nous devons le faire, car en somme responsable. » Elle a également abordé le sujet du changement climatique. Les émissions CO2 par an et par habitant s’élèvent à 20 tonnes aux Etats-Unis, 10 tonnes en Suisse, mais seulement à 0,3 tonne au Kenia : « pour que la situation puisse évoluer, les pays occidentaux doivent s’engager de manière décisive. »

Luc Gnacadja, Secrétaire Général, Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification, a souligné l’importance de la protection des terres désertiques : « Chaque année, la désertification gagne une surface équivalente à trois fois celle de la Suisse. Notre génération a le choix entre gestion durable ou autodestruction. Il est encore temps pour mettre en place une gestion durable des ressources, mais nous ne pouvons plus reporter cette décision à plus tard.
Pierre Helg, vice-secrétaire d’état au département fédéral des affaires étrangères, qui soutient financièrement le Forum de Caux pour la sécurité humaine, a rappelé que le DFAE est fier de soutenir le Forum. Il a dit sa conviction dans l’aide que le Forum peut apporter, en trouvant des approches innovantes pour faire avancer la sécurité humaine.
Rajmohan Gandhi, president d’Initiatives et Changement International , a parlé de son pays d’origine, l’Inde, en mentionnant en particulier la situation du Cachemire. En faisant reference au thème du jour, il a rappelé que cette region est toujours en proie à des violences, en particulier des attentats terroristes, qui sont une menace visible pour la sécurité des habitants.
La soirée c’est terminée avec la première Suisse du film “An African Answer” qui fait suite à “L’imam et le Pasteur”. A la suite de la projection, fortement applaudie, le public nombreux a participé à un temps de questions et réponses en présence des producteurs, Imad Karam et Alan Channer, des deux protagonistes, L’imam Muhammad Ashafa et le pasteur James Wuye et Emma Khakula.
Le Forum de Caux pour la sécurité humaine, qui se déroule jusqu’au 16 juillet, rassemble environ 350 représentants d’ONG, des diplomates, des scientifiques et des militants pour la paix, dans le but de trouver ensemble des solutions pour rendre le monde plus sûr et pacifique. Le Forum fait partie des Rencontres internationales de Caux 2010. Vous trouverez le programme complet sur www.caux.ch/2010.